Nos actions ... au Cambodge

  

Au Cambodge, l’association soutient des enfants en difficulté par l’intermédiaire de notre partenaire « Une Ecole pour Shalik ».

 

L’association a permis de financer une bibliothèque, au sein de l’école. Les enfants n’ayant pas cours le matin, ils peuvent y venir l’après-midi. Leur construire un avenir est sans doute une façon de se reconstruire aussi.

  

Saran est notre correspondant sur place. Aujourd'hui, il est infirmier chef du service de l'hôpital de cardiologie de Phom Penh. Il travaille également pour "la chaine de l'Espoir", afin d'aider ces enfants opérés du cœur et leur permettre de se remettre de leur lourde intervention dans un environnement post-opératoire le meilleur possible.

 

Il s’est rendu compte que beaucoup d’enfants opérés à Phom Penh, repartaient sans suivi médical et présentaient des complications.

Il a donc décidé de faire construire une maison de convalescence à Kol.

 

Solidarité-Partage a participé au financement de la construction, et aide maintenant, à son bon fonctionnement.

 

 

Saran, une vie consacrée aux enfants...

 

Rescapé du génocide khmer, Saran Meas consacre sa vie à soigner.

A commencer par les enfants au Centre de cardiologie construit par La Chaîne de l’Espoir à Phnom Penh, Cambodge, où il est responsable de la réanimation.

Portrait...

Sans doute Saran sait-il par cœur l’effet produit par son récit. A quel moment les yeux de son interlocuteur risquent de s’embuer, à quel moment il va détourner le regard. Lui garde son visage impassible, doux, et parle de chemin tracé, de destinée en somme.

« Je suis croyant, j’ai demandé à Dieu : si je dois être utile, garde ma vie». Près de trente ans après avoir échappé à la mort, l’homme est responsable de réanimation au Centre de cardiologie construit par La Chaîne de l’Espoir à Phnom Penh.

 

Saran Meas est né en 1949. Il a une vingtaine d’années quand les Khmers rouges prennent le pouvoir. Après trois ans de camps, le jeune infirmier s’évade en 1978.

«C’était l’entrée des troupes vietnamiennes dans le pays, il y avait des mines partout. J’ai été pris dans une embuscade, on m’a tiré dessus».

 

Du bout de l’index, le survivant montre l’arrière de son cou, «elle est rentrée par là… et ressortie par là.» Le doigt passe du côté de la glotte. «Je croyais que ça y était… il y avait du sang partout, les soldats aussi pensaient que mon compte était bon. Il y en a un qui avait même mis son pied sur moi !»

Il mime une arme à bout portant et sourit franchement : «Pourquoi n’a-t-il pas tiré pour être sûr ?  Pour économiser une balle !». Saran est laissé pour mort.

 

Quelque temps plus tard, il parviendra à rejoindre la Thaïlande. «Dieu m’a entendu», dit-il. C’est là, dans les camps de réfugiés,  qu’il rencontre les premiers «french doctors» et œuvre à leur côté.

 

En 1979, il atteint la France où il reçoit le statut de réfugié politique. Il y vivra vingt-quatre ans. « J’étais infirmier de réanimation en chirurgie cardiaque à l’hôpital européen La Roseraie à Aubervilliers », explique-t-il.

« En 2001, j’ai entendu parler des actions de La Chaîne de l’Espoir au Cambodge. Je me suis dit, je connais, c’est mon métier, j’y vais !» Saran se rapproche ainsi de l’association.

 

« Une autre philosophie »

 

« Au début, nous ramenions les enfants en France pour les opérer. » Puis la Chaîne ouvre le Centre de cardiologie de Phnom Penh.

 

Saran part comme responsable de la « réa ». Une fois sur place, il ne tarde pas à élargir ses compétences : il gère le monde des infirmiers, jongle avec les plannings et la gestion du stock.


Le centre accueille des patients assez riches pour payer leur hospitalisation mais aussi toute une aile, appelée le pavillon des enfants, dédiée à de petits malades dont les familles sont trop pauvres pour supporter le coût d’une opération.

La moitié souffre de malformation cardiaque congénitale. Ce sont eux que l’association prend intégralement en charge.

Quand il a un peu de temps de libre, Saran le consacre à d’autres enfants encore, ceux du centre d’apprentissage.

 

« Quand on traverse tant de souffrances physiques et mentales dans une vie, on a une autre philosophie. On comprend que l’existence ne dure pas. Face à la mort, on s’accroche… au plus important. »

 

Saran a perdu sa femme à 30 ans, il n’a jamais voulu se remarier.

Bouddhiste, il croit de tout son cœur à une réincarnation supérieure, en amour comme en sagesse. Il y a quelque chose de profondément calme dans son regard, dans son débit un peu lent, teinté de cet accent cambodgien.

 

Habillé à l’occidental, pull bleu marine et chemise blanche, l’infirmier passe ses vacances à Paris… à arpenter les couloirs de La Chaîne de l’Espoir.

Un détail à régler pour les commandes de matériel, un coup de fil à passer, des collègues à voir. Ces derniers l’abordent avec le sourire mais aussi une certaine dose de respect.

On connaît le personnage et son histoire. Saran plisse les yeux, se courbe un peu pour saluer et raconte le Cambodge. Son royaume, dans « cette vie actuelle ».